Une pour toutes et toutes pour elles

L’intersectionnalité dans le mouvement contre les agressions sexuelles

L’intervention féministe dans un contexte de violences sexuelles s’avère insuffisante si elle ne tient pas compte des expériences plurielles des femmes et des multiples types de discrimination qui s’entrecroisent et rendent très particulière l’expérience de la violence sexuelle.  La violence à laquelle doivent faire face les femmes est souvent façonnée par d’autres dimensions de son identité. L’afro-féministe, Audre Lorde affirme :

“Il n’y a pas de lutte à problème unique, car nous ne vivons pas des vies à problème unique."

L’approche féministe doit considérer comment différents systèmes d’oppression tels que le racisme, le capacistime, l’heterosexisme, et le classisme, peuvent s’entrecroiser avec le patriarcat pour exacerber les vulnérabilités des femmes, spécifiquement dans le contexte de violence sexuelle. De plus, des considérations économiques et sociales, telles que l’accès à l’emploi, au logement, aux services de santé, aux services de garde des enfants, à l’éducation ou même des facteurs comme le statut migratoire viennent entraver l’accessibilité et l’inclusion de toutes les femmes aux services disponibles. La convergence de ces systèmes exige que les stratégies d’intervention, de prévention et de la défense de droits puissent adresser les contextes spécifiques de vulnérabilité résultant de ces intersections.

Dans le but d’améliorer la santé globale et la situation sociale  de TOUTES les adolescentes et les femmes, le RQCALACS a développé un programme de formation en matière d’agression sexuelle dans une perspective intersectionnelle. Ce programme met de l’avant différentes stratégies pédagogiques axées sur l’inclusion et la lutte contre toutes les formes de discrimination et d’exclusion, en vue d’outiller les intervenantes du réseau des CALACS dans leur travail de prévention, d’intervention et de défense de droits des femmes. En tenant compte des limitations institutionnelles auxquelles l’organisme fait face dans sa capacité à inclure et adapter ses pratiques à la diversité des femmes, le RQCALACS participe à une vaste réflexion afin de mieux articuler une intervention féministe intersectionnelle à ses pratiques. Dans le contexte des agressions sexuelles, la méconnaissance et l’invisibilisation des réalités plurielles des femmes autochtones, des femmes de la diversité sexuelle, des femmes racisées et/ou issues de l’immigration, des femmes réfugiées, des femmes vivant avec un handicap, des femmes vivant dans un contexte de pauvreté, a amené le RQCALACS à s’interroger sur ses stratégies de prévention et d’intervention et sur l’importance de transformer ce « Nous, les femmes » à un « Nous » inclusif et solidaire. Or, sachant que les identités et les situations de vulnérabilité peuvent s’entrecroiser, une analyse intersectionelle s’avère nécessaire dans la lutte contre les agressions sexuelles.

Visionnez la vidéo réalisée par Les Alter Citoyens : Pour les personnes racisées et leurs alliéEs

 

Notre Comité conseil

Depuis le début des années 2000, le RQCALACS se questionne sur l’inclusion des femmes qui se trouvent à l’intersection des discriminations tant en ce qui concerne l’accessibilité des services en matière d’agression sexuelle que l’accès aux postes de pouvoir. C’est dans ce contexte que nait le comité Femmes davantage discriminées qui deviendra plus tard le Comité conseil du RQCALACS. Le Comité conseil a comme objectif principal de construire un mouvement pluriel et mener des actions concertées. Aujourd’hui, le Comité conseil du RQCALACS regroupe  des femmes militantes provenant d’organisations communautaires qui ont développé une expertise sur la question des violences sexuelles envers les femmes auprès des communautés avec lesquelles elles travaillent, pour former un partenariat novateur qui se base sur la convergence des luttes contre la violence sexuelle.  Aujourd’hui, il regroupe les organisations suivantes :

Action des femmes handicapées de Montréal (AFHM)
Centre communautaire des femmes sud-asiatiques
Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)
Conseil québécois LGBT
Femmes autochtones du Québec (FAQ)
La Maison des femmes sourdes de Montréal
Maison d’Haïti
Mouvement contre le viol et l’inceste
Réseau d’action des femmes handicapée (RAFH-DAWN Canada)
Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ)
Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
Native Women's Shelter of Montreal

Dernière action du Comité conseil 
Lettre à la ministre Thériault : La lutte aux violences sexuelles n’est pas une lutte à visage unique

 

Pour plus d'information sur le projet :
Marlihan Lopez, agente de liaison au volet intersectionnalité
marlihan.lopez@rqcalacs.qc.ca

Actualités RQCALACS

29
oct

C’est avec grande déception que le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) avait accueilli la proposition du conseil d’administration de la FFQ souhaitant forcer une prise de position des membres sur le débat entourant la prostitution.

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12
oct

À pareille date l’an dernier, les réseaux sociaux étaient pris d’assaut par des milliers survivant.e.s d’agression à caractère sexuel qui témoignaient de leur vécu sous le mot-clic #MeToo, alors qu’une actrice hollywoodienne, Alyssa Milano, propulsait le mouvement initié par la militante afro-féministe Tarana Burke. Aujourd’hui, les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) réitèrent la nécessité d’un véritable changement de culture PERMANENT et des actions soutenues pour contrer les violences sexuelles.

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28
sep

Lettre ouverte suite au point de presse du Parti Québécois du mercredi 26 septembre 2018 Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) constate la sortie du Parti Québécois– représenté par la vice cheffe du Parti Québécois, Véronique Hivon, ainsi que les candidats Carole Poirier (Hochelaga Maisonneuve), Maka Kotto (Bourget), Jennifer Drouin (Sainte-Marie–Saint-Jacques) et Marie-Aline Vadius (Laurier-Dorion)- pour rappeler l’importance de donner suite au mouvement #moiaussi.

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