Services des CALACS

Organismes communautaires autonomes et féministes, les CALACS incarnent 40 ans d’expertise en intervention, en prévention et en défense de droits en lien avec la violence sexuelle.

Une approche sociale des agressions à caractère sexuel

La mission des CALACS membres du Regroupement relève d’une approche féministe qui vise à enrayer les violences à caractère sexuel. Cette approche féministe peut se caractériser par trois éléments clés :

Une analyse sociale des agressions sexuelles en tant que rapports de pouvoir

L’action des CALACS est enlignée sur les Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle servant d’assises aux plans d’action et stratégies gouvernementales : « Ces orientations ont pour but ultime d’éliminer les rapports de pouvoir et de domination à l’endroit des femmes et des enfants, lesquels sont à l’origine d’un grand nombre d’agressions sexuelles », (Gouvernement du Québec, 2001, p.12).  En effet, pour les CALACS, les agressions à caractère sexuel résultent d’un rapport de pouvoir entre les sexes. Elles constituent une violence qui empêche les femmes de bénéficier de leurs droits et libertés au même titre que les hommes. Ces rapports de pouvoir se trouvent à la racine des agressions à caractère sexuel.

 C’est ce qui explique que les groupes de femmes cumulant davantage de situations de vulnérabilités présentent des taux d’agressions plus élevés : pensons par exemple aux femmes autochtones, à celles issues de l’immigration ou à celles de la diversité sexuelle qui courent 2 fois plus de risques de subir une agression à caractère sexuel au cours de leur vie (Groupe de travail sur les agressions à caractère sexuel et Conseil du statut de la femme, 1995).    Les femmes ayant des limitations physiques sont deux à trois fois plus à risque d’être agressées sexuellement que les femmes qui n’ont pas de handicap. En effet, 40% des femmes ayant un handicap physique vivront au moins une agression sexuelle au cours de leur vie (CALACS Châteauguay, 2013). Également, 7 à 9 femmes sur 10 ayant une déficience intellectuelle auraient vécu au moins une agression sexuelle au cours de leur vie (Ibid., 2013). Autour de 80% des femmes adultes en situation de prostitution ont vécu des violences sexuelles, physiques et psychologiques dans l’enfance ou dans leur couple avant de se prostituer comme le démontrent diverses études (Conseil du statut de la femme, 2012). De plus, elles sont, tout comme les femmes itinérantes ou sans-abri, incontestablement plus à risque d'être agressées sexuellement. «Elles sont la cible de certains agresseurs qui comptent sur leur pauvreté, leur marginalisation, leur isolement, leur méconnaissance des services et leur méfiance des autorités» (TCACSM, 2014).  

Le rapport de pouvoir à la source de cette violence est par ailleurs mis en évidence de manière éclairante par les derniers scandales dans le milieu culturel alors que les hommes dénoncés pour agression ou harcèlement sexuel sont dans des positions d’autorité par rapport à leurs victimes.   C’est ce que nous appelons l’analyse sociale des agressions à caractère sexuel.    

Une intervention féministe

Soucieux d’offrir une réponse alternative et communautaire aux victimes d’agression sexuelle, l’approche des CALACS s’inscrit en faux de la vision individualisée et culpabilisante du viol pour plutôt miser sur l’intervention féministe qui  place la femme au centre de l’intervention, en tant qu’experte de sa vie.  Suivant le rythme de la femme et valorisant l’expression de ses besoins propres, ce type d’intervention vise l’affirmation de soi (empowerment) ou plus précisément  la reprise de pouvoir sur sa vie, son corps et ses capacités d'agir sur son environnement.   Nous travaillons ainsi à ce que les femmes reprennent du pouvoir sur leur vie et surmontent les conséquences des agressions sexuelles.

Une approche globale misant tant sur l’intervention que sur la prévention et les changements sociaux

Pour les CALACS, l’action relative aux agressions sexuelles ne peut se réduire à l’intervention auprès des victimes : de réelles solutions doivent être mises en place afin que cessent ces violences.  La prévention des agressions sexuelles, la mobilisation du public, le travail en partenariat avec les ressources du milieu, la formation d’intervenant.es, la recherche et la mise en valeur des meilleures pratiques afin d’orienter les stratégies gouvernementales en fonction de l’expertise développée sur le terrain, sont autant d’actions essentielles pour réaliser la mission des CALACS. C’est pourquoi, chacun des Centres membres du Regroupement déploient trois volets d’actions : l’aide directe, la prévention et la mobilisation.

 

Les trois volets d'intervention des CALACS

1. Aide directe et accompagnement des victimes et de leurs proches

Le volet d’aide directe s’adresse aux femmes et aux adolescentes agressées sexuellement, que l’agression soit récente ou vécue il y a plusieurs années. Tous les CALACS offrent du soutien téléphonique et certains développent une action de « sentinelles » sur les réseaux sociaux afin de s’adapter aux nouvelles réalités communicationnelles des jeunes (clavardage,  chat en ligne, texto SMS, courriel, blogue, Facebook, etc.). Tous les CALACS offrent des services d’aide psycho-sociale par le biais d’une série de rencontres avec une intervenante ou par l’animation de groupes de soutien. Les outils d’intervention sont multiples : intervention féministe, techniques d’impact, art-thérapie, cercle de partage en milieux autochtones et participation à des SMOG, panier de larmes et expression de la colère, journal créatif, EMT, visualisation et respiration consciente, musicothérapie, psychocorporel, hypnose, « courage de guérir », etc.  Les intervenantes offrent également un accompagnement aux victimes afin de les appuyer dans leurs démarches au poste de police, à la Cour, à l'hôpital, lors de demandes d'indemnisation, face à un employeur ou une institution, etc. Les CALACS offrent, ponctuellement, ces mêmes services à l'entourage de la personne agressée sexuellement afin d’améliorer leur appui à la victime. Pour répondre à la multiplicité et la diversité des besoins des femmes et adolescentes victimes de violence sexuelle, les CALACS développent différents projets afin d’adapter leurs outils d’intervention à certaines réalités particulières. Citons en exemple les différents programmes développés par les CALACS pour mieux intervenir auprès de la population vivant avec une déficience intellectuelle ou encore les projets menés entres autres par les CALACS de l’Abitibi et de la Côte-Nord pour adapter leurs interventions aux réalités autochtones de leur région. 

2. Prévention, sensibilisation et formation

Pour les CALACS, il est évident que les agressions à caractère sexuel ne cesseront que si un travail de prévention, d'éducation et de sensibilisation est effectué auprès de l’ensemble de la population. Il est donc primordial d'offrir des activités de ce type dans plusieurs milieux.  Les CALACS rejoignent annuellement près de 40 000 personnes par le biais de leurs campagnes et activités de sensibilisation du public. 

Parmi les activités plus systématiques se retrouvent les programmes de prévention que déploient les CALACS dans les écoles secondaires.  Les CALACS organisent annuellement des ateliers qui rejoignent près de 1000 groupes d'élèves pour un total d'environ 20 000 adolescents et adolescentes.  Depuis l'automne 2017, les CALACS déploient le programme Empreinte – Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel qui s’adresse au personnel scolaire, aux parents et aux élèves (2e, 3e et 4e secondaire).  

Les CALACS entretiennent des liens étroits avec les écoles professionnelles, les CEGEPs et les universités de leurs régions.  Ils offrent des ateliers de prévention des agressions sexuelles adaptés à l’âge et aux réalités étudiantes des groupes rencontrés. Ils sont présents également par le biais de kiosques d’informations et de campagnes de sensibilisation développées en partenariat avec les services à la vie étudiante, les bureaux de plaintes, les associations étudiantes, les syndicats de professeur.e.s, etc.  Les demandes de partenariats se sont accrues considérablement au cours des dernières années. Certains CALACS ont développé des ententes pour intervenir auprès des victimes, par exemple par la mise sur pied d’une passerelle de service prévoyant la présence d’une intervenante des CALACS au sein de l’université.  Pour approfondir l’expertise de ses membres et assurer le perfectionnement des activités de prévention, le RQCALACS est membre du groupe de recherche ESSIMU  Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire.

Les CALACS organisent également des activités de prévention dans les milieux de travail et dans les organismes communautaires. 

Les CALACS  offrent des formations aux intervenants-es de différents milieux institutionnels et communautaires (corps de police, intervenant.es judiciaires, milieu scolaire, santé et services sociaux, etc.) afin de favoriser les attitudes aidantes pour recevoir un dévoilement d'agresssions sexuelles et référer adéquatement les victimes.

3. Concertations, mobilisations et défense de droits

La prévention des agressions et l’accompagnement des victimes impliquent une collaboration étroite entre les ressources du milieu ainsi qu’une mobilisation du public afin d’endiguer les mythes et préjugés entourant ce type de violence et de lever le voile du silence et de l’impunité qui maintien trop souvent les victimes dans l’ombre. Les CALACS constituent un lieu de proximité représentatif de leurs communautés.  Ils offrent en raison de leur taille un lieu accueillant, convivial, sécuritaire, et confidentiel, un lieu d’implication, d’apprentissage et d’expérimentation pour les femmes.  Ce  lieu d’intégration  sociale  s’adapte aux besoins des femmes par des moyens créatifs et permet le développement et le renforcement d’habileté sociale.  Les CALACS offrent ainsi un lieu qui favorise l’empowerment et la participation des femmes dans leur communauté. Pour ces raisons, les CALACS organisent différentes activités de mobilisation du public et des survivantes et développent divers projets en partenariats avec les ressources locales.


Pour recevoir de l’aide, de l’information ou pour s’impliquer, adressez-vous au CALACS de votre région.

 

35 ans du RQCALACS

 

Actualités RQCALACS

12
oct

À pareille date l’an dernier, les réseaux sociaux étaient pris d’assaut par des milliers survivant.e.s d’agression à caractère sexuel qui témoignaient de leur vécu sous le mot-clic #MeToo, alors qu’une actrice hollywoodienne, Alyssa Milano, propulsait le mouvement initié par la militante afro-féministe Tarana Burke. Aujourd’hui, les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) réitèrent la nécessité d’un véritable changement de culture PERMANENT et des actions soutenues pour contrer les violences sexuelles.

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28
sep

Lettre ouverte suite au point de presse du Parti Québécois du mercredi 26 septembre 2018 Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) constate la sortie du Parti Québécois– représenté par la vice cheffe du Parti Québécois, Véronique Hivon, ainsi que les candidats Carole Poirier (Hochelaga Maisonneuve), Maka Kotto (Bourget), Jennifer Drouin (Sainte-Marie–Saint-Jacques) et Marie-Aline Vadius (Laurier-Dorion)- pour rappeler l’importance de donner suite au mouvement #moiaussi.

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25
sep

À quelques jours des élections, force est de constater que les chef.fes de partis n’ont pas tiré de grandes leçons du mouvement planétaire #moiaussi des derniers mois. La devise du Québec ne semble pas s’appliquer aux dossiers chauds soulignant l’ampleur des discriminations, iniquités et violences diverses et variées dont sont encore victimes les femmes au quotidien dans notre société dite progressiste. Il semble malheureusement que leur vote soit considéré aussi acquis que leur consentement.

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