Agir contre les violences sexuelles : pourquoi se limiter à un investissement ponctuel sans récurrence?

14 décembre 2017

Montréal, jeudi le 14 décembre 2017 - Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) salue l’annonce de débloquer des fonds supplémentaires pour la prévention des agressions sexuelles, l’accueil des dévoilements,  l’accompagnement judiciaire des victimes et l’éducation à la sexualité. Nous sommes néanmoins sceptiques face à la stratégie du gouvernement consistant à investir de petites sommes dans des mesures ponctuelles, sans aucune récurrence du financement.  L’ampleur de la problématique et la nécessité d’une action soutenue sur le long terme exige de revoir nos priorités en tant que société.   

 

Comme l’ont reconnu publiquement plusieurs membres de l’Assemblée nationale cet automne, la situation est alarmante. Le premier ministre a même déclaré vouloir hisser cette problématique au rang des enjeux majeurs.  Toutefois, le Québec est privilégié :  il compte d’une part sur un réseau d’organismes spécialisés en violences sexuelles, travaillant en étroite collaboration avec les ressources institutionnelles et communautaires et déployant tant une action en amont (prévention, formation, concertation) qu’en aval (intervention auprès des victimes, groupes de soutien, accompagnement judiciaire, etc.) et d’autres parts, sur un Programme public de soutien aux organismes communautaires. Dans un contexte de surplus budgétaires: toutes les solutions sont donc réunies et à la portée des décideurs publics : le Québec peut, dès aujourd’hui, faire le choix de s’attaquer aux violences sexuelles en offrant aux CALACS l’appui nécessaire pour déployer leur mission. Dans ce contexte, pourquoi ce limiter à des fonds ponctuels?      

 

Pas plus tard qu’hier, des représentantes du Regroupement québécois des CALACS rencontraient la ministre Charlebois, responsable du programme de soutien des organismes communautaire, pour lui présenter une analyse des besoins en matière de soutien aux organismes œuvrant auprès des victimes d’agressions sexuelles.  L’étude intitulée « Services en agressions sexuelles : une situation alarmante, des solutions présentes » détaille les enjeux auxquels font face les 26 centres membres du RQCALACS, lesquels accusent un manque à gagner annuel de 5, 85 millions $ pour répondre, dans des délais raisonnables, à la hausse marquée des demandes d’aide et pour  déployer le programme de prévention de la violence sexuelle Empreinte – Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel. 

 

Le RQCALACS salue également l’annonce du premier ministre Monsieur Couillard quant au retour obligatoire de l’éducation à la sexualité dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. La mention du programme Empreinte des CALACS par le premier ministre nous incite par ailleurs à croire que le gouvernement misera sur l’expertise des ressources spécialisées pour offrir le contenu pédagogique.    Rappelons que les ateliers en classe de notre nouveau programme de prévention de la violence sexuelle s’arriment parfaitement aux apprentissages du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur en éducation à la sexualité pour la thématique violence sexuelle. Nous espérons que le Ministère de l’éducation définira néanmoins des directives précises pour favoriser la concertation entre toutes les actrices du milieu scolaire et communautaire et s’assurer que chacun ait les ressources nécessaires pour s’acquitter de cet important mandat.  

 

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Pour information : 

 

Stéphanie Tremblay, agente de communication du RQCALACS  

Cell medias : 514-346-5252   

 

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