ENCORE un titre gonflé

18 avril 2017

Nous avons, dans les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), sursauté à la lecture de la chronique de Sophie Durocher intitulée « Encore une fausse accusation de viol ». Voici notre réaction :

SD : « Vous savez très bien que dans les cas d’agressions sexuelles, le gars est trouvé coupable par l’opinion publique dès qu’une fille dépose une plainte. »

Nous savons très bien… que plus de 60% des femmes et les filles qui viennent chercher des services dans les CALACS n’ont pas été crues lorsqu’elles ont dévoilé pour la première fois les agressions qu’elles ont subies.

Nous savons très bien… que d’accoler « fausse accusation de viol » au titre d’une chronique du Journal de Montréal annonce nécessairement un texte farci de ritournelles empruntées au folklore des années 70 qui soutiennent que le viol n’existerait pas si les femmes savaient se tenir… « Va te faire soigner car ça ne se peut pas », c’est ce qu’on disait aux femmes, dans le temps de nos mères, en les bâillonnant chimiquement. Dans ce temps-là, y’en avait pas mal de fausses accusatrices aussi…!!!

Nous connaissons très bien… les conséquences horribles de se faire dire que « t’es une menteuse » et que « tu cherches l’attention ». Peut-être es-tu une prostituée… qui ment en plus!

SD : « Vous savez très bien que les féministes descendent dans la rue, portent des tuques roses et brandissent des pancartes tout en tweetant #onvouscroit plus vite que leur ombre dès qu’une femme crie au viol. »

Nous savons très bien… que les tuques roses en forme d’oreilles de chat sont un symbole de protestation des féministes américaines contre Donald Trump qui, faut-il le rappeler, a dit combien il était facile pour lui de « grabber des pussys (chattes) ». Le mot-clic #OnVousCroit, pour sa part, a été initié par le Regroupement québécois des CALACS pour soutenir les femmes dont les agressions n’ont jamais été dénoncées aux autorités (ce qui qui représente 90% des cas). Dans la pratique du melting pot, Mme Durocher, vous excellez!

SD : « Quand est-ce qu'on va arrêter de croire une femme sur parole juste parce que c’est une femme ? Et de croire un homme coupable juste parce que c’est un homme ? »

Quand est-ce qu’on va arrêter de répandre le mythe que les fausses accusations d’agression sexuelle sont extrêmement fréquentes et détruisent la vie de milliers d’hommes? Faut-il rappeler que que Donald Trump a été élu Président des États-Unis, que Jian Gomeshi effectue un retour sur la place publique avec un nouveau projet de baladodiffusion, et que Denis Lejeune est toujours maire de la municipalité de Baie-Trinité? Peut-on parler de toutes ces femmes et ces filles dont la vie a été complètement bousillée suite à une agression sexuelle? Ces femmes et ces filles qui ont arrêté leurs études, qui ont perdu leur emploi, qui ont dû changer de ville, sont tombées enceintes, ont perdu leur estime personnelle, leur famille, leur raison de vivre…

SD : « Ceux qui, sur toutes les tribunes, dénoncent la supposée "culture du viol" qui règne au Québec, peuvent-ils mettre un centième de leur énergie à dénoncer les conséquences horribles des fausses accusations ? »

Ceux et celles qui ont l’immense privilège d’avoir un pouvoir d’influence sur la population québécoise grâce à la tribune importante qui leur est attribuée dans un journal grand public et qui s’acharnent à dénoncer les conséquences horribles des fausses accusations peuvent-ils et elles mettre un centième de leur énergie à réfléchir aux conséquences que leur manque de rigueur engendre chez les survivants-es d’agression sexuelle?

SD : « J’ai interviewé Jean-François Bertrand avocat, qui me disait que ces fausses accusations étaient « fréquentes ». »

Ça veut dire combien par semaine, mois, année… si seulement 10% des femmes se rendent en justice? Quelle est la valeur du « chiffre » fréquent, Mme Durocher? Maitre Bertrand traite combien de cas par année qui s’avèrent être de fausses accusations pour agressions sexuelles? Sur quoi se base-t-il pour affirmer que ce sont de fausses accusations? En bonne chroniqueuse que vous êtes, vous avez sans doute posé toutes ces questions à ce nouveau spécialiste des fausses accusations  d’agression sexuelle… Pourquoi les réponses ne figurent-elles pas dans votre texte?

SD : « Si on avait un Conseil de l’égalité homme-femme, (…) voilà le genre de combat qui pourrait être mené. »

Encore de vieilles rengaines poussiéreuses. Pourquoi pas ramener, tant qu’à y être, la brassière brulée au bûcher des hérétiques féministes.

 

Rédaction :        Claire Tessier, CALACS La Passerelle
                        Stéphanie Tremblay, RQCALACS

 

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