Réaction du RQCALACS à la sortie de la Stratégie gouvernementale en matière de violence sexuelle

01 novembre 2016

Montréal, mardi le 1er novembre 2016 – Le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) accueille favorablement la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer la violence sexuelle dévoilée vendredi dernier, le 28 octobre 2016.

À la suite d’une analyse approfondie des mesures proposées par le gouvernement, nous saluons, dans un premier temps, le fait que le phénomène des agressions à caractère sexuel soit reconnu comme un problème social plutôt qu’individuel. À ce propos, l’intégration du phénomène de l’exploitation sexuelle à la Stratégie gouvernementale est notable. Également, certaines des recommandations que nous avions exprimées lors des consultations ont été intégrées à la Stratégie, dont la mise en place d’une campagne de sensibilisation sur les violences sexuelles.

Nous sommes ravies, donc, de voir se manifester une volonté politique, mais nous reprochons à la Stratégie gouvernementale de manquer de précision à plusieurs égards et particulièrement en ce qui concerne le financement du réseau des CALACS. Nous déplorons que ne soient pas reconnus, à leur juste valeur, les centres qui soutiennent les survivantes d’agression sexuelle depuis plus de 35 ans. Devrions-nous nous inquiéter du fait que le regroupement provincial qui réunit ces centres ne soit nommé qu’une seule fois dans un document de plus de soixante pages? Les demandes d’aide ne cessent d’augmenter dans les CALACS : il faut absolument que le financement suive à la même vitesse, sans quoi les listes d’attente s’agrandiront toujours et le nombre de survivantes qui restent sans service continuera de s’accroître.

Nous constatons qu’une grande partie de la Stratégie est consacrée à l’amélioration du système judiciaire pour les victimes d’agression sexuelle. Nous accueillons avec enthousiasme les diverses mesures qui vont dans ce sens, mais nous nous questionnons : qu’en est-il des services pour soutenir le 95% des victimes qui ne portent pas plainte? Nous comprenons bien et partageons la volonté d’augmenter le pourcentage d’agressions sexuelles traitées au criminel, mais quelles mesures le gouvernement compte-t-il mettre en place d’ici à ce que ce taux augmente?

Nous déplorons également que le gouvernement ne s’attaque pas aux causes systémiques qui rendent certaines femmes plus susceptibles de subir des agressions sexuelles. Les mesures spécifiques qui sont proposées ne sont pas suffisantes et ne font   qu’intervenir de manière super-ficielle sur des problèmes larges et complexes. Nous avons constaté avec enthousiasme que plusieurs mesures visent les personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle, mais qu’en est-il des femmes en situation de handicap physique? Aussi, nous espérons vivement que se concrétisera la volonté du gouvernement de traiter des violences sexuelles subies par les femmes autochtones dans une approche gouvernementale spécifique.

En dernier lieu, nous sommes étonnées que la Stratégie gouvernementale ne comprenne pas davantage de mesures sur l’éducation à la sexualité dans les écoles. Qu’adviendra-t-il une fois que le projet pilote présentement en cours se terminera? Encore une fois le gouvernement reste vague à cet égard.

Nous considérons donc que la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer la violence sexuelle constitue une base commune importante à partir de laquelle nous pourrons travailler avec nos partenaires et alliés-es. Nous espérons toutefois qu’elle sera améliorée en cours de route et surtout, que les gestes concrets suivront les paroles.

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Pour information :

Mélanie Sarroino          
Agente de liaison 
RQCALACS : 514-529-5252        
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melanie.sarroino@qrqcalacs.qc.ca

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