Oui Mme Durocher, nous disons #OnVousCroit aux victimes d’agressions sexuelles

22 octobre 2015

C’est aux milliers de femmes qui ont pris la parole avec #AgressionNonDénoncée que vous vous adressez, Mme Durocher,? Elles ont assez dérangées à votre goût ? Vous jugez qu’il est temps de rabattre  le mur du silence sur elles ?

Oui  Mme Durocher, ne vous en déplaise,  nous, nous choisissons de leur dire  :  « #OnVousCroit.  Nous savons le silence, la peur, les menaces, les cauchemars, les traumatismes, les dépressions, les suicides. Nous savons que la première personne qui a mis en doute votre parole vous a enfermée dans un cachot intérieur où vous avez survécu, les blessures à vif,  jusqu’au jour où vous avez trouvé la force d’en reparler et que, enfin, on vous a cru. »

Savez-vous, Mme Durocher, combien de temps s’écoule entre une agression et une révélation? Je ne parle pas ici de dénonciation (de « coupable » ou « d’accusé condamné » comme vous dites), mais seulement de raconter, de dévoiler un mal qu’on a subi pour pouvoir en guérir. Dans les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (Calacs), les femmes attendent en moyenne 13 ans avant de venir chercher de l’aide. Pour plusieurs d’entre elles, il se passe 13 ans avant qu’elles décident d’en parler pour une première fois.   13 ans.

Nous refusons, comme vous le faites, de faire douter les paires, de faire douter les autorités, de faire douter les victimes elles-mêmes. 13 ans c’est déjà trop long selon nous. 

Savez-vous pourquoi elles attendent aussi longtemps Mme Durocher? Parce qu’elles ont peur de ne pas être crues. Par vous, par les autres, trop nombreux.

Parce que, même si elles ne font seulement qu’en parler, sans dénoncer,  la société leur fera un procès à ELLES « elle l’avait cherché » , « elle veut se venger parce qu’elle n’a pas eu la promotion »,« elle brise la famille », etc., etc., etc.   Nous croyons que la honte doit changer de camp.  Nous croyons que le discours culpabilisant qui met de l’avant les fausses allégations pour refuser de croire,  doit cesser.

Au nom des fausses allégations, mieux vaut mettre leur parole en doute? C’est ce que vous nous proposez, Mme Durocher ?   De leur dire «  On ne vous croit pas tant qu’il n’y aura pas de preuve » ? Comme l’agression sexuelle est un des rares crimes où la victime est très souvent le seul témoin, vous nous proposez de leur dire « c’est ta parole contre la sienne » ?  Et comme, dans la majorité des cas, il n’y a pas de « preuves » alors, vous proposez qu’on leur dise d’emblé : «arrête d’en parler, garde ça pour toi, de toute façon personne te croira », c’est bien ça ?

Les Calacs lancent une campagne intitulée #OnVousCroit pour redonner confiance et assurance, pour dire aux victimes, adultes et enfants, qu’elles trouveront de l’appui, qu’elles n’ont pas à se taire. Notre campagne ne parle pas d’accusation ni de condamnation. Les chiffres de la sécurité publique le démontrent, seul un crime sexuel sur 10 est dénoncé aux autorités. Et la majorité de ces plaintes ne mènent pas à des condamnations. Or, nous parlons à toutes les victimes (dont 90 % ne porteront jamais plainte) : pour leur dire : #OnVousCroit, le premier pansement, le premier mot d’une société qui veut en finir avec les agressions sexuelles.

Maude Chalvin, Regroupement des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, RQCALACS

 

 

Oui Mme Durocher, nous disons #OnVousCroit aux victimes d’agressions sexuelles C’est aux milliers de femmes qui ont...

Publié par On Vous Croit sur 22 octobre 2015

 

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