Agression sexuelle : pas question que le voile du silence se rabaisse à nouveau !

25 mars 2015

MONTRÉAL, le 25 mars 2014 /CNW Telbec/ - Au lendemain de la dernière journée de consultation portant sur la mise en œuvre du 2e plan d'action gouvernementale en matière d'agression sexuelle (2008-2013), le Regroupement des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel exhorte le gouvernement à donner suite aux recommandations des organismes qui misent sur la prévention pour enrayer ce problème social, ainsi qu'à respecter ses engagements en lien avec la tenue de larges consultations publiques.

Le mouvement #AgressionNonDénoncée a démontré ce que les statistiques de la Sécurité publique révélaient : 90% des victimes d'agressions sexuelles ne portent pas plainte.  Si elles doivent trop souvent porter le bâillon du silence, c'est entre autres parce que la majorité des agressions sont commises par une personne de l'entourage : un membre de la famille, un collègue, un entraîneur, etc. «Il faut tenir compte de ces contraintes et cesser d'imposer aux femmes le recours judiciaire comme réponse idéale (…) Ces femmes ont aussi le droit de recevoir de l'information et l'aide de leur choix. » rappelle Nathalie Duhamel, coordonnatrice du RQCALACS, qui espère que le prochain plan d'action remettra de l'avant les Orientations gouvernementales en matière d'agression sexuelle, lesquelles «ont pour but ultime d'éliminer les rapports de pouvoir et de domination à l'endroit des femmes et des enfants, lesquels sont à l'origine d'un grand nombre d'agressions sexuelles.»   Comme l'ont souligné plusieurs organismes lors des audiences, la réalisation de ces objectifs passent par un investissement massif dans la prévention.  À l'automne dernier, le gouvernement avait annoncé le retour des cours d'éducation à la sexualité. « Qu'en est-il de cette promesse? » se questionne Mme Duhamel, qui déplore que le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport ne fasse pas appel à l'expertise développée par les groupes sur le terrain. « Depuis 35 ans, les CALACS sont présents dans les écoles et offrent des ateliers pour parler de relations égalitaires avec les jeunes et aborder les notions de consentement, de diversité sexuelle, mais également de harcèlement et de violence. Nous offrons régulièrement des formations aux intervenants socio-judiciaires, dans le milieu de la santé, de l'éducation, etc. C'est ce travail qu'il faut poursuivre mais pour ce faire, nous avons besoin d'une réelle volonté politique apte à mobiliser l'ensemble des acteurs.»

Bien que le Regroupement déplore que le mouvement #AgressionNonDénoncée ait laissé dans l'ombre les réalités plus tabous, par exemple, le risque plus élevée d'agression auquel font face les femmes en situation de handicap ou aux prises avec un statut d'immigration précaire : « il a néanmoins permis de dévoiler au grand jour un enjeu de société, tout comme le font les étudiants toujours plus nombreux et nombreuses à dénoncer la culture du viol sur leurs campus », croit Nathalie Duhamel. « Qu'il soit question de publicité sexiste, d'hypersexualisation des jeunes filles, de harcèlement de rue, d'exploitation sexuelle, de mariage forcée, de mutilation génitale ou d'inceste : nous sommes confrontés à un continuum de violences sexuelles commises principalement à l'encontre des femmes et des enfants.  La prévention ne peut que passer par un véritable débat de société. » La coordonnatrice du Regroupement des CALACS rappelle à cet effet les engagements du gouvernement qui, l'automne dernier, avait accédé à la demande des groupes de femmes de créer une commission itinérante indépendante sur le sujet. « Depuis les promesses publiques de l'automne, le ton semble avoir changé puisqu'on nous parle maintenant de l'organisation d'un simple forum » déplore Mme Duhamel, qui attend également que le gouvernement poursuivre les travaux avec le Comité conseil en matière d'agression sexuelle [1] pour l'élaboration du 3e plan gouvernemental. Le nouveau plan d'action doit permettre de contrer les préjugés, d'accroître la reconnaissance des conséquences des agressions sexuelles, de changer les mentalités de façon durable pour prévenir la violence sexuelle.

[1] Ce comité est composé d'intervenants et d'intervenantes spécialisés des secteurs public, parapublic et communautaire directement concernés par la problématique de l'agression à caractère sexuel.

SOURCE Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)

Renseignements : Nathalie Duhamel, RQCALACS, 514 529-5252 ; cellulaire : 514 346-5252

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