Tribunal spécialisé en matière de crimes sexuels : le RQCALACS salue la solidarité transpartisane!

15 janvier 2019

Montréal, mardi le 15 janvier 2019 – Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) reçoit favorablement la mobilisation de plusieurs élues autour de l’enjeu des violences sexuelles. Une solidarité transpartisane concernant l’adaptation de notre système de justice aux besoins et réalités des survivantes pourrait constituer un pas important vers un véritable changement culturel permettant d’enrayer ce fléau social.
 

Améliorer l’accompagnement des victimes de violences sexuelles : condition sine qua non pour initier un réel changement politique voire socioculturel!

Une première rencontre non partisane sur l'accompagnement des victimes d'agressions à caractère sexuel a eu lieu ce lundi 14 janvier à Montréal. La ministre de la Justice et responsable de la Condition féminine du Québec, Sonia Lebel, ainsi que ses collègues des partis d'opposition, Véronique Hivon, Hélène David et Christine Labrie ont évalué la possibilité de mettre en place un tribunal spécialisé sur les crimes sexuels.

Nous aimerions saluer les intentions de nos éluEs qui se sont tendu la main autour de l’enjeu de taille que constitue la lutte contre les violences sexuelles. Nous osons même dire que nous sommes ravies d’être témoins de ce moment hautement historique…  Améliorer l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles en général et plus particulièrement dans le système de justice pénale est au cœur de nos revendications puisqu’en effet, notre Regroupement était aux côtés de plusieurs autres organisations féministes pour rappeler, dans le contexte de la mouvance #moiaussi, la condition sine qua non voire le caractère plus qu’indispensable de faciliter des recours contre leur agresseur des victimes de violence sexuelle et leur soutien.  «Les femmes éprouvent une certaine méfiance envers le système de justice. Notre système de justice androcentré n’a pas été vraiment conçu pour les crimes sexuels. L’adapter aux expériences et réalités des survivantes serait non seulement les replacer au centre des procédures, mais, c’est aussi un message politique qu’on envoie à la société dans son entièreté quand on conçoit collectivement que,  finalement, les réponses aux enjeux de violences faites aux femmes et plus spécifiquement aux violences sexuelles faites aux femmes ont des causes systémiques qui requièrent des mesures structurantes.»,  soutient Ama Maria Anney, notre agente de liaison.
 

Des questionnements tout de même …

Le RQCALACS est d’avis que le momentum se prête à la réflexion voire l’implantation d’alternatives adaptées aux réalités particulières des survivantes.  À l’instar d’ONUFemmes, nous pensons que «Lorsque les tribunaux sont spécialisés, leur personnel est plus sensible aux sexospécificités et plus au fait des singularités des affaires de violence à l’égard des femmes et ils peuvent être mieux à même d’accélérer la procédure, ce qui permet d’alléger le fardeau des victimes.»

Des tribunaux spécialisés existent dans un certain nombre de pays, dont l’Afrique du Sud et la Nouvelle Zélande et auraient permis aux acteurs sociojudiciaires et aux  magistrats d’être plus souvent spécialisés et soucieux d’égalité entre les sexes. Malgré la centralisation des procédures et l’amélioration de la sécurité des survivantes que ces types de modèles peuvent permettre, il nous importe néanmoins de regarder attentivement à ce que les parquets\régies spécialisées en agression sexuelle ne courent pas le risque d’être marginalisées. En effet, la crainte de voir saper le travail de sensibilisation par une distinction crimes sexuels et vrais crimes peut présenter un risque; variable ayant été également évalué par les Nations Unies dans son Manuel de législation sur la violence à l’égard des femmes.

Le RQCALACS continuera à mûrir ses réflexions en ce qui a trait aux régies spécialisées, mais en se posant des questions tout en le faisant. Les groupes de femmes réitèrent donc leur entière disponibilité dans le partage de leur expertise en collaboration, formation et accompagnement des acteurs et actrices institutionnel.le.s. Nous expérimentons d’ailleurs en ce moment une collaboration étroite avec la Sureté du Québec dans un projet-pilote de révision des plaintes; projet mis en place en décembre 2017 et tirant son inspiration du modèle de Philadelphie.  Nous sommes d’avis qu’il faut continuer à renforcer les mécanismes de consultation des CALACS notamment pour l’implantation de la stratégie gouvernementale 2016-2021 pour contrer les violences sexuelles.
 

Nous partageons également l’avis des élues mobilisées sur ce dossier.  Le travail en amont et une vision plus périphérique est indispensable pour contrer les violences sexuelles.

«  Il y a toujours énormément de travail à faire même s’il est indéniable qu’une chambre spécialisée ne fait partie que d’un maillon de la chaine.  Une telle alternative ne peut se faire sans que le travail de prévention, de sensibilisation, de mobilisation et d’accompagnement soit fait en parallèle » souligne Stéphanie Tremblay, agente de communication du RQCALACS.

Il nous faudra contrer une multitude de barrières, minutieusement documentée dans des recherches féministes pertinentes, et expérimentée, par exemple, par les survivantes de crimes sexuels lorsqu’elles décident de porter plainte. Aussi, le travail de prévention afin d’initier un changement social voire le passage d’une culture  du viol à une culture responsable reste un mandat collectif que nous continuerons à porter au sein des CALACS.

 

– 30 –

 

Pour information :

Stéphanie Tremblay, agente de communication
Maria Anney, agente de liaison Analyse des enjeux et Incidences politiques
Cell medias : 514-346-5252 | RQCALACS : 514-529-5252
Site web | Facebook | Twitter
stephanie.tremblay@rqcalacs.qc.ca

 

 

Actualités RQCALACS

18
mar

La Ministre de la justice et procureure générale du Québec, Mme Sonia Lebel, accompagnée de Mme Hélène David, Mme Véronique Hivon et Mme Christine Labrie (toutes les trois respectivement Députées de Marguerite-Bourgeoys, Joliette et Sherbrooke) ont annoncé, ce matin, la création d’un comité d’expert.e.s sur l'accompagnement des victimes d'agressions à caractère sexuel et de violence conjugale. Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) salue cette initiative qui s’inscrit selon nous dans une recherche de pistes de solutions basées sur le partage d’expériences et d’expertises entre les groupes terrains et les instances politiques.

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25
fév

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) et le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) sont fiers de dévoiler les résultats de l’évaluation des effets du programme Empreinte – Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel, un programme novateur visant à diminuer la tolérance sociale vis-à-vis la violence sexuelle.

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