Le Regroupement québécois des CALACS réitère son engagement envers toutes les filles et les femmes qui se retrouvent dans des situations d’exploitation sexuelle

29 octobre 2018

Montréal, lundi le 29 octobre 2018 C’est avec grande déception que le  Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) avait accueilli la proposition du conseil d’administration de la FFQ souhaitant forcer une prise de position des membres sur le débat entourant la prostitution. En novembre 2013, nous avions appuyé la résolution adoptée lors des États généraux du féminisme qui donnait comme mandat à la FFQ de « Créer des espaces d’échanges et de réflexion sur la prostitution et le travail du sexe qui permettraient les nuances en dehors des positions polarisées et sans nécessité de prises de position. »  Travailler à la défense des droits des femmes et à leur avancement collectif, sans qu’aucune ne soit laissée derrière, nécessite selon nous que la FFQ assume un leadership fédérateur qui valorise la pluralité des analyses et expériences des femmes et offre un cadre constructif pour les échanges entre féministes de tous horizons. La tenue d’une assemblée générale extraordinaire, dimanche le 28 octobre 2018, nous a semblé très éloignée d’un dialogue constructif évitant la polarisation et la division du mouvement des femmes. Qu’à cela ne tienne, le Regroupement québécois des CALACS et les CALACS membres de la FFQ étaient présents.

Sur la question de la prostitution, les CALACS ont rappelé la nécessité d’opter pour une analyse systémique qui questionne les rapports de pouvoir : pourquoi les femmes sont-elles les premières exploitées par cette industrie et les hommes les premiers qui en tirent profit que ce soit comme client ou comme proxénète? Pourquoi les femmes autochtones sont-elles surreprésentées dans les réseaux de traite au Canada? Pourquoi y retrouve-t-on davantage de femmes qui font face à des situations de précarité économique, ont des statuts d’immigration précaires ou sont marquées par un passé de violence? En faisant le choix de travailler selon une intervention féministe qui valorise l’autonomie et la prise de pouvoir des femmes sur leur vie, nous reconnaissons l’agentivité des femmes, pour reprendre le terme utilisé par le conseil d’administration de la FFQ, soit la capacité d’agir de chacune, son pouvoir de s’opposer et d’influencer ses conditions. Notre approche féministe intersectionnelle nous invite également à tenir compte de l’impact des systèmes d’oppression sur la vie des femmes : ces structures sociales qui, malgré tout le pouvoir d’agir d’une personne, impose des inégalités et, pour plusieurs, des situations de pauvreté, d’exploitation, de violence.  

Au sortir de l’assemblée tenue hier, une lecture partielle de la position adoptée par les membres a été relayée par un article publié dans Le Devoir intitulé « La prostitution reconnue comme un travail par la FFQ ». Nous ne nous reconnaissons pas dans un tel énoncé. La prostitution reste, dans nos analyses, un lieu d’exploitation pour les femmes et principalement pour les femmes les plus marginalisées. De fait, de nombreux amendements ont été apportés hier par les membres réunies en assemblée générale pour rendre visible les liens entre prostitution et violences faites aux femmes. Nous attendons avec impatience de lire la proposition adoptée avec tous les amendements et sommes par ailleurs surprises que la FFQ sorte publiquement sur ce sujet, avant même d’informer ses membres de la position adoptée.

Au quotidien, dans les CALACS, nous rencontrons des femmes qui s’identifient en tant que survivantes d’une industrie du sexe qui exploite et violente.  Nous espérons que les droits et les rêves de ces femmes continueront à être défendus par la Fédération des femmes du Québec.  Pour ce faire, nous appelons la fédération à s’investir dans les luttes féministes qui visent à créer monde où chacune peut réellement faire des choix, sans violences sexuelles imposées dès un jeune âge, sans pression sociale sexiste, sans menace de pauvreté, d’emprisonnement ou de déportation.  

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Pour information :

Stéphanie Tremblay, agente de communication
Cell medias : 514-346-5252 | RQCALACS : 514-529-5252
Site web | Facebook | Twitter
stephanie.tremblay@rqcalacs.qc.ca


 

 

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