Violences sexuelles : nous on existe en période pré et post-électorales!

28 septembre 2018

Lettre ouverte suite au point de presse du Parti Québécois du mercredi 26 septembre 2018

 

Violences sexuelles : nous on existe en période pré et post-électorales!

Maria Anney, agente Analyse des enjeux et incidences politiques

 

 

Montréal, 27 septembre 2018. Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) constate la sortie du Parti Québécois– représenté par la vice‑cheffe du Parti Québécois, Véronique Hivon, ainsi que les candidats Carole Poirier (Hochelaga‑Maisonneuve), Maka Kotto (Bourget), Jennifer Drouin (Sainte-Marie–Saint-Jacques) et Marie-Aline Vadius (Laurier-Dorion)- pour rappeler l’importance de donner suite au mouvement #moiaussi.

 

Cependant, Nous existons en dehors des campagnes électorales ! À l’instar de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes,  nous pensons qu’il est temps que les enjeux féministes soient considérés de façons transversales dans tous les débats et que nous nous y arrêtions durablement et pas seulement lorsque nous cherchons à acquérir un certain électorat féminin… Ce mercredi 26 septembre, nous avons entendu plusieurs choses ! Nous verrons le 2 octobre.

 

Mais, nous aimerions tout de même saluer les intentions du Parti Québécois en ce qui concerne  l’abolition du délai de prescription au civil et pour l’accès à l’IVAC. Nous étions familières avec cette revendication puisqu’en effet, notre Regroupement était aux côtés du Regroupement des personnes et organismes en faveur de l’abolition du délai de prescription en avril dernier et nous rappelions déjà, à ce moment-là, la condition sine qua non voire le caractère plus qu’indispensable de faciliter des recours civils contre leur agresseur des victimes d’agression ou de violence sexuelle et leur soutien.  «Les femmes viennent chercher du soutien généralement 13 ans et plus après avoir vécu une agression sexuelle. Le délai est toujours très grand entre l’agression et la recherche d’aide, alors aller en justice, c’est encore plus long. Abolir le délai, c’est aussi un message politique qu’on envoie aux survivantes pour leur dire qu’on comprend qu’il y a un délai et qu’on les croit, peu importe le moment où elles vont chercher un recours»,  soutenait Stéphanie Tremblay, notre agente de communication lors d’une intervention médiatique. Mais nous rappelions également que le consensus social sur ce sujet, notamment entre les trois partis d’opposition,  était déjà bien présent et nous espérions déjà que le mouvement #Moiaussi, et son ampleur aurait motivé le gouvernement libéral à prendre une décision à ce sujet… Nous existons en dehors des campagnes électorales !

 

Nous avons aussi entendu l’intention de redistribution des surplus du Fond d’aide aux victimes d’actes criminels (FAVAC). Nous aimerions aussi nous assurer qu’une partie de ces surplus sera reversée aux CALACS qui entreprennent quotidiennement  de l’aide et de l’accompagnement, de la sensibilisation et de la défense de droit, sans un financement stable et durable. Oui, nous nous attendons plus que jamais à l’augmentation du financement à la mission des CALACS afin que les femmes victimes de violences sexuelles puissent recevoir l’aide et l’accompagnement dont elles ont besoin. Nos ressources constituent bien souvent un lieu de guérison pour les survivantes, un lieu de reprise de pouvoir …un premier pas vers le processus de réparation. Alors, nous ne voudrions pas subir de nouveau les impacts de mesures austères et par le fait même laisser les femmes et des adolescentes victimes d’agressions à caractère sexuel vivre avec les conséquences parfois graves de la violence sexuelle qu’elles ont subie. Nous estimons que nos expériences et expertises développées au cours des 40 dernières années gagneraient à ne pas être entravées par le manque de ressources financières. Nous existons en dehors des campagnes électorales !

 

Nous sommes également d’avis avec la Vice-Cheffe Véronique Hivon : les réponses aux enjeux de violences faites aux femmes et plus spécifiquement aux violences sexuelles faites aux femmes ont des causes systémiques qui requièrent des mesures structurantes.  Des services de traduction comme levier pour faciliter l’accès des femmes aux ressources qui pourraient leur venir en aide, bien qu’indispensables, ne suffiront pas à contourner les obstacles auxquels certaines d’entre elles font face. Il nous faudra contrer une multitude de barrières, minutieusement documentée dans des recherches féministes pertinentes, et expérimentée, par exemple, par les survivantes de crimes sexuels lorsqu’elles décident de porter plainte. Nous citerons des expériences sexistes, certes, mais aussi racistes,  revictimisantes avec certains acteurs-actrices judiciaires pour certaines femmes victimes d’agressions à caractère sexuel. Nous citerons aussi, dans un système androcentré et patriarcal, bien évidemment, le manque de connaissance concernant la culture du viol et ses conséquences sociales (pour ne citer que cela…) Comme le rappelle Mélanie Sarroino, notre coordonnatrice du déploiement du programme Empreinte, agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel : «le travail de prévention et de sensibilisation doit se faire auprès des tout-petits, des moins petits et des plus âgés! » Les groupes de femmes réitèrent d’ailleurs leur disponibilité dans le partage de leur expertise en formation et accompagnement des acteurs et actrices institutionnel.le.s et est d’avis qu’il faut continuer à renforcer les mécanismes de consultation des groupes de femmes terrains avant tout projet ou mesure politique.  Nous existons en dehors des campagnes électorales!

 

Nous entendons, de nouveau, la création par un gouvernement péquiste, d’une chambre consacrée aux cas de violences sexuelles et de violence conjugale. Nous sommes d’accord sur le fait qu’une confiance entre les victimes et le système judiciaire est à solidifier et que des mesures alternatives sont à envisager. Notre Regroupement continuera à mûrir ses réflexions en ce qui a trait aux régies spécialisées, mais nous nous posons des questions tout en le faisant : quelles seront les assises de cette chambre? Comment ce modèle qui a fait ses preuves en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud, comme nous le précise Mme Hivon, sera adapté à nos réalités Québécoises ?  Qui sera assis autour de la table lors des discussions de mise en place d’une telle instance ? Nous existons en dehors des campagnes électorales !

 

En conclusion, voilà ce que nous souhaiterions exprimer:  nous réitérons nos attentes quant au futur gouvernement :  (1) une lecture différente des enjeux de violence sexuelle et une réactivité moins circonstancielle (2) une importance accordée également à la prévention  (2) un financement stable à la mission (4) une reconnaissance de nos expertises afin que les femmes et les filles victimes de violences sexuelles soient soutenues adéquatement et…oui nous oublions : Nous existons en dehors des campagnes électorales !

 

 

 

 

 

Actualités RQCALACS

29
oct

C’est avec grande déception que le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) avait accueilli la proposition du conseil d’administration de la FFQ souhaitant forcer une prise de position des membres sur le débat entourant la prostitution.

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12
oct

À pareille date l’an dernier, les réseaux sociaux étaient pris d’assaut par des milliers survivant.e.s d’agression à caractère sexuel qui témoignaient de leur vécu sous le mot-clic #MeToo, alors qu’une actrice hollywoodienne, Alyssa Milano, propulsait le mouvement initié par la militante afro-féministe Tarana Burke. Aujourd’hui, les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) réitèrent la nécessité d’un véritable changement de culture PERMANENT et des actions soutenues pour contrer les violences sexuelles.

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28
sep

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